Améliorez la relation avec votre chien

On me demande souvent combien de temps il faut, avant d’acquérir l’assurance et le savoir-faire nécessaires pour travailler avec son chien dans le but d’obtenir sa coopération. Je réponds: un instant, si vous avez la bonne attitude. Si vous acceptez qu’une bonne et enrichissante relation ne peut pas résulter du “dressage” de votre chien, vous avez saisi l’élément le plus important.

N’importe quel comportement obtenu par force, disparaît dès que la force ou la menace n’est plus exercée. Un animal, y compris un humain, fera ce qu’on lui demande sous la menace d’un individu plus fort que lui. Mais si ce qu’on lui demande va contre sa nature, il cessera de s’y plier à la première opportunité. Par conséquent, pour maintenir ce comportement, il faudrait que la force (ou menace) soit maintenue sans cesse.

Imaginez-vous dans un enclos ou dans un milieu naturel avec un loup ou bien un coyote, un dingo, un gorille, un guépard, un éléphant, un aigle, un dauphin, un lion de mer etc… et demandez-vous comment vous feriez pour “dresser” un tel animal dans de telles conditions, sans avoir de contrôle total ni dominance. Avouez que ce serait impossible.

Ayant eu le privilège de me retrouver tout près de la majorité de ces espèces, sans barrière ni clôture entre nous, je peux vous assurer que ma survie était prioritaire pour moi. J’écoutais et j’appliquais les conseils de mes guides qui étaient familiers avec ces animaux. Je me déplaçais lentement en restant face à l’animal, sans le regarder directement dans les yeux et, je me montrais très respectueuse de sa supériorité physique. Non seulement j’étais en sécurité, mais j’ai ressenti une joie indescriptible.

Puisque je ne donnais à ces animaux aucune raison de me craindre ni de se méfier, ils ont tous pu se détendre en ma présence, au point de faire preuve de curiosité. Beaucoup d’entre eux m’ont approché ou m’ont permis de pénétrer dans leur zone de confort, ce qui constitue un premier pas vers l’amitié.

Quel dommage qu’on croit en la nécessité de totalement contrôler ou dominer un animal doté de force physique plus grande que la nôtre afin de le (en voilà un euphémisme) « dresser ». Ce serait peut-être plus exact de dire « plier à notre volonté »; cette expression reflète mieux la réalité.

Imaginez que l’animal avec lequel nous travaillons est libre de faire ses choix, en particulier si c’est un animal plus puissant que nous ? Comment faire dans ce cas ? Nous avons alors besoin de toute notre intelligence et nous devons revoir nos idées reçues sur comment on obtient la coopération de cet animal que rien n’oblige de coopérer. Plutôt que le forcer à se plier à nos souhaits, nous devrons imaginer la situation de son point de vue, pour mieux déterminer comment nous pouvons bénéficier de la relation tous les deux, et comment cohabiter sans problème. Si nous le faisons, nous avons plus de chances d’obtenir ce que nous voulons dans l’esprit de coopération mutuelle.

Quand nous arrêtons de percevoir les chiens comme des petits humains simplifiés et nous réalisons que ce sont des super-prédateurs dont les mécanismes de survie leur dictent que toute relation doit leur apporter un bénéfice, nous pouvons alors comprendre qu’il est important de leur montrer les bénéfices d’une relation symbiotique avec nous.

Une relation humaine qui se porte bien n’est pas différente; chacun doit y contribuer pour la rendre attractive et pour que l’autre choisisse d’en faire partie – de son propre gré!

Jan Fennell, publié le 01/12/2017

Titre original: “Improve Your Relationship With Your Dog”

Traduction de l’anglais: Anna Mossuz. Image dans le texte. Vous pouvez retrouver le texte original, ainsi que d’autres articles par Jan Fennell, sur le site: www.janfennellthedoglistener/blog/Jan