Des croyances qui nous arrangent

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Récemment, en regardant une émission sur des chiens abandonnés dans un refuge, je me suis sentie triste. Un des chiens présentés était probablement, dès le départ, condamné à ne jamais trouver une famille aimante (j’espère que je me trompe). Cela à cause de la façon dont on le décrivait aux adoptants potentiels. Ce qui est triste, ce que la personne responsable de ce chien au refuge avait l’air très dévouée et cherchait réellement à lui trouver un bon foyer.

Le problème, c’est que l’employé du refuge décrivait ce jeune chien comme « ayant besoin de maîtres expérimentés car il est très vif, a besoin de beaucoup se dépenser et il a tendance à attraper avec sa gueule, comme tous les chiens de sa race ». En entendant cela, j’eus envie d’hurler.

Combien de fois entend-on cette excuse ridicule, que certains problèmes de comportement sont inévitables car liés à la race du chien ? Apparemment, ce genre de pensée est devenu répandu parmi un grand nombre de propriétaires de chiens et de professionnels. Dans la majorité des cas, ce n’est qu’une excuse qui évite d’adresser le problème, lequel est manifestement un symptôme d’un niveau de stress chez le chien – et qui fait souffrir son propriétaire aussi.

Le «type» du chien n’a franchement pas d’influence sur son comportement, de même que notre pays natal n’a pas d’incidence sur nos troubles comportementaux ou leur absence. Nous savons tous que les stéréotypes nationaux ou raciaux sont fabriqués par ceux qui leur trouvent une utilité. Ils servent simplement à justifier la haine ou la dérision envers ceux qui ne sont pas « comme nous », alors pourquoi acceptons-nous les stéréotypes concernant les races canines ?

Puisque le refuge dont j’ai parlé au début a accepté de stéréotyper la race, personne parmi le personnel ne tentera d’aider ce chien à résoudre son problème. Cela n’est pas juste, surtout que ce genre de comportement indésirable est facile à gérer. Un remède simple pour un chien qui a l’habitude de vous attraper, c’est d’arrêter immédiatement de lui porter attention quand il le fait, ne pas lui parler ni le regarder, mais s’éloigner. Si le chien décide de vous suivre, soit vous fermez la porte derrière vous, soit vous placez le chien dans une autre pièce. L’important, c’est d’isoler le chien.

Quand le chien s’est calmé, il s’apercevra qu’il est tout seul et il voudra trouver un moyen de se faire à nouveau accepter par la famille. Dès qu’il est calme, nous pouvons nous réunir avec lui, d’abord sans lui parler; il est essentiel de ‘décaler’ le moment d’interagir avec lui, et de l’inviter vers nous au moment que nous avons choisi, quand il est détendu. Si le chien réessaye de vous attraper par un bras etc., agissez en conséquence, à savoir isolez-le et répétez cela autant de fois que nécessaire. Croyez-moi, il va comprendre assez rapidement que le fait d’attraper avec sa gueule entraîne l’isolement.

La beauté de cette approche, c’est que le chien apprend la plus importante leçon de sa vie – l’autocontrôle – afin d’obtenir ce qu’il veut ou ce dont il a besoin. C’est simple et efficace.

Une dernière remarque concernant les stéréotypes liés à la race: le chien dont j’ai parlé au début était apparemment issu d’un croisement. Alors, laquelle des races blâmait-on, exactement ?

Jan Fennell

9 janvier 2015

 

Titre original: “Convenient Myths”

Traduction de l’anglais: Anna Mossuz, image dans le texte original. Vous pouvez retrouver le texte original, ainsi que d’autres articles par Jan Fennell, sur le site: www.janfennellthedoglistener/blog/Jan