Filou tourne la page

P1170033Il y a quelques temps, nous avons décidé que Filou, notre papy-pile électrique, était prêt à rejoindre sa famille d’accueil “définitive”. Souvenez-vous, il est venu poser ses valises chez nous il y a sept mois. Cette arrivée n’était pas prévue mais ce petit chien de 11 ans avait testé la tolérance de sa famille d’accueil précédente au point qu’ il risquait de se retrouver en pension. Souvent agressif, il cherchait à contrôler les déplacements des autres membres de la famille. Pensez à un Mogwaï nourri après minuit, voilà à quoi ressemblait la cohabitation avec Filou “avant”.

Initialement, je pensais que son séjour chez nous durerait quelques semaines mais au fur et à mesure je me suis rendue compte de l’étendue de la tâche. L’expression “petits enfants, petits problèmes” ne s’applique certainement pas aux chiens et Filou avait beaucoup à m’apprendre.

Ses réactions agressives ont persisté pendant environ 3-4 mois. Bien sûr, il n’évoluait pas de manière linéaire. Il apprenait, observait, nous testait aussi.

Depuis disons, Octobre, nous sentions que Filou commençait à laisser ses démons derrière lui. Au début, chaque fois qu’il voulait se reposer, il mettait le mode “défense” ce qui signifiait que nous ne pouvions pas l’approcher à moins de 4-5 mètres sans risquer une attaque. Avec le temps, il était capable de faire une petite somme puis venir avec joie quand nous l’appelions, et il s’est bien intégré dans notre vie . Bien sûr, nos enfants savaient qu’il était toujours interdit d’envahir son espace pour le réveiller ou le caresser, mais cette simple règle du langage canin s’applique à n’importe quel chien.

Un jour, mon fils descendait de son tabouret et, n’ayant pas vu Filou, posté tout près, il a failli lui marcher dessus. Filou a tout fait pour esquiver son pied, il a certainement eu un peu mal, mais il n’a même pas grogné. Je n’ai pas pu  m’empêcher d’imaginer ce que sa réaction aurait été il y a quelques mois. Quand on travaille tous les jours avec un chien, quand on est “dedans”, on a rarement la possibilité de mesurer le chemin parcouru, mais à cet instant, j’ai eu la joie de le faire.

Cela n’a pas pris quelques semaines comme je l’avais imaginé, mais sept mois. Et en voyant ce petit papy de presque douze ans, enfin heureux, détendu et si drôle, je sais avec certitude que cela n’a pas d’importance. Souvent, mes clients me posent cette question, “Mais, ça prendra combien de temps?” et je réponds toujours: “Autant que nécessaire. Moins vous serez pressés, plus il y a des chances que ça aille vite…”

Après cette aventure avec Filou, je continuerai à donner la même réponse … avec encore plus de conviction!

Filou est adoptable via l’association Rêves de Chiens en Essonne.