“Il vient d’un refuge”

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Samedi dernier, j’ai eu le plaisir de croiser une femme charmante que j’avais perdue de vue. Je lui ai annoncé qu’un chien trouvé près de ma maison en 2003, qu’elle avait connu en travaillant à la fourrière, venait de décéder. Elle en était triste, mais aussi ravie d’apprendre qu’il avait eu une belle vie avec une famille aimante, après un début de vie si difficile.

Un homme pas loin de nous a entendu notre conversation et s’est approché pour nous dire que (je cite ses propos) son chien à lui « méritait une balle ».

Normalement, je me serais éclipsée tout de suite, mais je n’avais pas vue cette amie depuis longtemps et elle tenait à me donner de ses nouvelles. L’homme voulait à tout prix nous en dire plus sur le comportement horrible de son chien et sur le fait que « toute la famille subit ça inutilement car il n’y a rien faire ». Sur ce, mon amie suggéra qu’il me demande conseil et mon cœur se serra – son intention était honorable, mais je savais que c’était peine perdue.

Malgré mes efforts, je n’ai pas réussi à lui faire changer de sujet et il a fini par me dire que si je croyais pouvoir faire quelque chose avec son chien, alors il m’en faisait cadeau. Je respirai profondément avant de lui annoncer que, heureusement, quelques informations correctes suffiraient pour que lui et sa famille puissent régler le problème eux-mêmes.

Il hésita et ria, puis il fit « mais, c’est un chien de refuge ». Et quand je lui demandai depuis combien de temps il était chez eux, il me répondit: « Onze ans » !

Sur ce, je me suis excusée auprès de mon amie et j’ai couru à ma voiture en retenant ma langue.

Juste après l’excuse intitulée « c’est la race », censée expliquer toutes sortes de comportement indésirable, le fait d’être un « chien de refuge » doit être la deuxième excuse la plus populaire. Et ce genre d’argument  influence le raisonnement de gens bien, qui ont déjà pensé à adopter un chien, ce qui me brise le cœur.

Pour moi, le seul problème avec un chien abandonné dans un refuge, c’est l’attitude de nombreuses personnes qui le regardent avec dédain et qui le condamnent. En plus, on retrouve ce genre de pensée limitée même parmi ceux qui œuvrent pour sauver les chiens. On le voit bien quand ils affirment que selon leur avis « d’expert », certains chiens peuvent être placés uniquement dans une maison sans enfant ou bien à la campagne, ou encore entre les mains d’un « connaisseur de la race » (ce dernier m’inquiète vraiment).

De mon point de vue, un chien qui est abandonné pour cause de trouble comportemental est, ni plus ni moins, victime de l’ignorance de son propriétaire – qui n’avait aucune idée de comment fonctionne un chien, ni du fait que les méthodes choisies pour « éduquer » ce chien ont provoqué son comportement indésirable. Heureusement, le nombre de personnes qui savent qu’avec les bonnes techniques, on peut aider tous les chiens à s’adapter à notre mode de vie, est en train de croître – et de plus en plus de chiens en tirent profit.

En réalité, les chiens adoptés dans un refuge deviennent souvent des compagnons incroyables, ayant connu la grande différence entre un traitement inapproprié et le respect.

On s’est souvent moqué de moi et mon travail a été attaqué par nombre de critiques. Je souligne le fait que la méthode Amichien donne toujours des résultats si l’on l’applique correctement. Je plaiderai toujours pour le chien, et j’encouragerai tous ceux qui pensent en adopter un dans un refuge – allez-y. Ce chien mentionné plus haut dont nous parlions avec mon amie, est arrivé avec de nombreux problèmes et comportements indésirables. Il a eu par la suite une belle vie, grâce à ses adoptants adorables qui ont utilisé Amichien®Bonding. Par conséquent, ils comprenaient très bien pourquoi il se comportait ainsi, et avant tout, ils savaient comment l’aider pour que ces comportements disparaissent.

Jan Fennell

18/08/2015

Titre original: “It’s A Rescue Dog”

Traduction de l’anglais: Anna Mossuz, image dans le texte original. Vous pouvez retrouver le texte original, ainsi que d’autres articles par Jan Fennell, sur le site: www.janfennellthedoglistener/blog/Jan