Un collier pour Woody

Quoi de plus banal que cette petite scène: un chien qui trotte en laisse à côté de son maître?

Mais pour certains, ce n’est pas évident du tout. Comme vous vous souvenez, Woody n’a probablement jamais porté de collier. Pire, je soupçonne qu’il a eu des expériences horribles, notamment avec les “dog catchers” roumains et leur lasso. Peu après son arrivée, en voyant le collier de Yoda dans ma main, son regard a changé et exprimé de la méfiance. C’était un “non” ferme.

Alors comment s’y prendre?

La réponse la plus simple: très doucement. Quand je suis devenue Dog Listener certifiée et que j’ai commencé à échanger avec mes collègues sur notre Forum, je me suis vite rendu compte que les plus expérimentés étaient aussi les moins pressés. Ils savaient pertinemment que la pression (que nous mettons au chien et à nous-mêmes), cette envie d’obtenir rapidement un résultat,  peut tout gâcher.

Une fois Woody bien installé chez nous, j’ai commencé juste par poser le collier à côté de moi quand je l’appelais pour le caresser. S’il hésitait, je mettais le collier plus loin avant de réessayer. Et même quand je ne m’occupais pas de lui, je laissais le collier visible par ci, par là. Ensuite, je le tenais dans une main en caressant Woody de l’autre. Chaque geste était en pleine vue de Woody, fait lentement, sans jamais chercher à le “piéger”. Dès que je sentais qu’il se crispait, j’arrêtais, je revenais un pas en arrière, et je récompensais son courage par des caresses.

On pourrait avoir envie dire “il est bête, ce n’est qu’un collier!”. Mais mettez-vous à sa place, pensez à son instinct de survie et ses expériences passées: si on l’attache, il perd la possibilité de fuir, ou même de se défendre. De son point de vue, s’il se laisse faire, il risque sa vie.

Bien sûr, il y a eu de bons et de mauvais jours. L’apprentissage n’est pas linéaire, ni pour les chiens ni pour nous d’ailleurs – parfois on progresse vite, tout semble facile. Puis, on stagne voire on fait un pas en arrière. Comment progresser sans tâtonner ni faire des erreurs? C’est impossible.

Aujourd’hui, Woody m’a fait un beau cadeau; j’ai pu attacher son collier et il est resté détendu à côté de moi. Je l’ai aussitôt enlevé, pour lui montrer que ce n’est rien. J’avoue que j’en ai eu des larmes aux yeux! Maintenant, je sais qu’on va y arriver – à son rythme. Peu importe si c’est demain ou dans six mois, ça m’est égal. Quand je vois Woody en train de vaincre ses vieux démons… que vouloir de plus.

Bien sûr, le jour où il sera à l’aise avec le collier autour du cou, on aura encore du chemin à faire avant qu’il puisse marcher en laisse. Chaque chose en son temps…

A bientôt pour la suite!