Une nouvelle aventure

J’ai envie de vous présenter notre nouveau colocataire: Woody.                                      Au moment où j’envisageais de ne plus accueillir de nouveau chien – au moins pendant quelque temps – j’ai lu le SOS pour lui sur l’Internet et la décision s’est prise toute seule…

Woody est un rescapé de Roumanie, d’environ 10 ans. Ses réactions font penser qu’il a connu la débrouille dans la rue. Là-bas, après un séjour en fourrière, il était destiné à l’euthanasie, heureusement l’association WOF (Way of Freedom) l’a mis en sécurité en décembre dernier. Puis, son adoption en France s’est soldé par un échec. Woody ne supporte ni collier ni harnais (qu’il n’a probablement jamais connu) et ses adoptants ont fini par baisser les bras.

Il est chez nous depuis trois semaines et bien évidemment, nous en sommes tous gaga :). C’est vrai, chaque chien m’apprend quelque chose de nouveau mais avec Woody, cet apprentissage regorge de surprises et d’émotions. Pour survivre toutes ces années, il lui a évidemment fallu une grande intelligence, un excellent sens d’observation… et une bonne dose de méfiance. On voit qu’il observe tout et pèse chaque décision.

J’explique souvent à mes clients que l’instinct de survie se cache derrière tout ce que fait leur chien, même s il est bien nourri et dort dans un panier douillet. Woody m’ouvre vraiment les yeux sur cette réalité. Il faut penser à son besoin de se protéger littéralement chaque fois où on fait un geste, au risque de le voir partir au fond du jardin.

Pendant les premières dix – quinze jours, malgré notre envie de nous approcher de lui, j’ai insisté pour que tout le monde le laisse tranquille autant que possible (ce qui n’est pas évident avec les enfants, mais ils ont fait des gros efforts). Je voulais juste qu’il puisse nous observer sans pression. Cette attitude a déjà porté ses fruits.

Woody apprend très vite malgré son âge. A son arrivée il y a eu des tensions avec Yoda qui, à 14 ans, a du mal à communiquer avec les autres à cause de ses problèmes de vue et d’ouïe. Comme toujours, le succès dépendait d’abord d’un leadership rassurant montré par nous les humains. Pendant les premiers jours je séparais les chiens systématiquement et en parallèle je démontrais à Woody que j’ai toutes les qualités d’un bon leader, que je suis capable de le protéger. Quand j’ai recommencé à faire les présentations, la tension avait disparu. Maintenant, les deux chiens se côtoient sans souci mais pour l’instant je préfère être présente quand ils sont ensemble.

Comme beaucoup d’anciens chiens de rue, Woody n’aime pas être enfermé à l’intérieur. Au début, il est rentré dans la maison quelques fois mais quand il s’est aperçu que la porte se refermait souvent derrière lui (et malheureusement, en octobre nous n’avions pas trop le choix, quitte à chauffer notre jardin!) – il a juste décidé de ne plus entrer du tout. Maintenant je l’invite à l’intérieur pour ses repas, sans chercher à fermer la porte, pour qu’il comprenne qu’il n’a rien à craindre. Pour anecdote, si je l’appelle en posant sa gamelle au milieu de la cuisine il entre, il va vers la gamelle et…il s’en va avec, en la portant par le bord. Maintenant, je lui sers ses portions sur une feuille de plastique. Woody, tu dis mieux?

Du coup, nous sommes en train de lui construire une niche confortable, pour qu’il puisse dormir au chaud tant qu’il n’a pas changé d’avis. En attendant, il squatte souvent dans un tas de paille sous un abri de jardin. Avec son poil très épais, il n’a pas l’air d’en souffrir, mais je veux qu’il ait sa niche quand même. Woody porte bien son nom, il nous fait travailler le bois…

A bientôt pour la suite!