“Voué à l’échec” par Rebecca Trono

 

Il n’y a qu’un bébé sur cette photo… Si votre chien “ne sait pas rester seul”, s’inquiète et détruit en votre absence, c’est qu’il se sent responsable pour vous.

Cette fois, je voudrais partager un article écrit par ma collègue Rebecca Trono au sujet de l’anxiété de séparation. Inutile de rajouter que je suis entièrement d’accord avec elle. N’hésitez pas à me contacter si votre chien présente ces symptômes.

“Il m’arrive souvent de lire les fiches des chiens à l’adoption. Tant de fois, on peut y lire la phrase “a besoin de présence”, ce qui veut dire que le chien souffre de l’anxiété de séparation. Comme si c’était une caractéristique immuable de sa personnalité, le chien ne pourrait être adopté que par quelqu’un qui sera à ses côtés jour et nuit.

J’en ai le cœur serré.

Non seulement parce que j’aide régulièrement mes clients à surmonter ce problème, mais parce que ces chiens qui “ont“ l’anxiété de séparation passent plus de temps dans le refuge. Certains finiront même euthanasiés pour cette raison, puisqu’il est quasi impossible de trouver une famille qui correspond à leurs besoins.  En effet, en écrivant ces mots redoutables : Anxiété de Séparation, ceux qui veulent aider le chien à trouver un bon foyer le condamnent involontairement à laisser passer sa chance.

On parle de l’anxiété de séparation comme d’un défaut de caractère, d’un trait inscrit dans l’ADN – une caractéristique intégrale et immuable de la personnalité du chien.

Ce n’est pas le cas !

L’anxiété de séparation apparaît quand le chien croit à tort qu’il est responsable des humains qui l’entourent et par conséquent il ressent de la panique dès qu’il les voit partir sans pouvoir suivre. Imaginez que votre enfant de deux ans sort de la maison et vous n’avez pas la possibilité de le surveiller ni le protéger. Evidemment, nous serions aussi dans tous nos états.

Dans cette situation, le chien peut chercher des objets empreints de l’odeur de « ses » humains, comme un moyen de sentir leur présence. Cela fait penser à quelqu’un qui va dans la chambre d’un être aimé absent et qui inhale l’odeur d’un de ses vêtements. (C’est intéressant à quel point nous avons des instincts en commun !) Regardez quels objets sont détruits le plus souvent : le pilote de la télé, les chaussures, le canapé. Ce sont des objets que nous manipulons/portons/touchons très souvent. Sinon, le chien peut s’attaquer à la porte ou à l’encadrement d’une fenêtre près de la sortie utilisée régulièrement par son propriétaire. Il fait tout son possible pour sortir de la maison et retrouver son « bébé ».

Malheureusement, le fait de sentir notre odeur ne suffit pas, voilà pourquoi le chien passe à la destruction. Souvent, mes clients interprètent ça comme une preuve que le chien est « en colère » ou « il s’ennuie » ; la destruction serait un moyen de se venger, de s’occuper et se défouler. C’est loin de la vérité : la mastication libère des endorphines dans le cerveau et a un effet calmant. Nos chiens détruisent nos affaires pour se sentir mieux car cette expérience leur est insupportable – on peut comparer leur réaction à quelqu’un qui se ronge les ongles en situation de stress, ou même une personne qui grignote dans le même contexte.

Alors comment y remédier ? C’est simple. Communiquez à votre chien de manière claire – dans son propre langage – qu’il n’a pas de soucis à se faire pour vous, car justement c’est vous qui protégez toute la famille. Si ce message est cohérent et communiqué calmement, si le leadership est construit et entretenu à travers chaque interaction quotidienne, alors le chien peut se détendre et profiter de la maison quand tout est calme, en faisant une bonne grosse sieste en votre absence.”